Quatre thèses relatives au développement d’un dispositif international d’évaluation des systèmes d’enseignement

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Propositions pour l’évaluation des systèmes d’enseignement au sein des organismes internationaux

Après un crise dramatique qui a failli marquer le décret de mort de la direction de la statistique à l’UNESCO , cette organisation internationale a créé, sous la pression de plusieurs organisations internationales, parmi lesquelles une des plus exigeantes était la Banque Mondiale, et de gouvernements plutôt influents comme les Etats-Unis, un Institut de statistique qui a été installé à Montréal pour être plus indépendant par rapport aux jeux de pouvoirs et aux réseaux d’influence à l’oeuvre au sein du quartier général de l’UNESCO à Paris. . La réunion d’experts a été organisé par l’UNESCO à Paris pour recueillir des indications sur les finalités, les objectifs et le fonctionnement du nouveau institut.

La crise vécue par la Direction des statistiques de l’enseignement de l’UNESCO a été une manifestation éloquente de plusieurs macro-phénomènes au niveau mondial, parmi lesquels on peut citer les suivants :

- l’intérêt grandissant pour l’évaluation des systèmes d’enseignement ;
- l’évolution des techniques de mesures ;
- le perfectionnement des méthodes statistiques dans le domaine de l’enseignement ;
- la compétition mondiale entre puissances économiques ;
- la globalisation de l’enseignement ;
- l’utilisation politique des comparaisons internationales dans le domaine de l’enseignement.

La demande de statistiques internationales valables, vérifiées, comparables a été alimentée aussi par les programmes internationaux de développement de l’enseignement, comme par exemple ceux produits à la suite de la Conférence mondiale sur l’éducation pour tous, Jompien. Les principaux organisme internationaux de développement et de financement, comme par exemple la Banque Mondiale, ne pouvaient plus se permettre de financer à fond perdu des programmes de développement de l’enseignement sans une base d’information solide. Les financeurs l’exigeaient. Les statistiques de l’éducation publiées par l’UNESCO au cours des dernières décennies du 20ième siècle n’étaient plus crédibles et n’offraient pas les renseignements nécessaires pour piloter les systèmes d’enseignement. C’est dans ce contexte que l’UNESCO a été obligé à renouveler son dispositif de production statistique sur l’enseignement et à transférer à Montréal l’ensemble de sa direction de la statistique, en créant l’Institut de statistique de l’UNESCO . [1]

L’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU) a été finalement créé en juillet 1999 afin de,lit-on dans la page de présentation, de " répondre surtout aux besoins croissants de la communauté internationale en matière de statistiques politiquement pertinentes, récentes et fiables, dans les domaines de l’éducation, de la science et de la technologie ainsi que de la culture et de la communication" et aux besoins d’un certain nombre d’ États membres de l’UNESCO [2] particulièrement engagés , dans le renouvèlements des stratégies géo-politiques mondiales à la suite de la fin de la guerre froide, de l’écroulement de l’Union Soviétique, de l’émergence des puissances économiques compétitives en Asie.

"L’autonomie fonctionnelle dont jouit l’Institut, son indépendance intellectuelle ainsi que son attachement à développer un niveau professionnel élevé lui confèrent l’habilité à répondre efficacement à ces divers besoins". [3]
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Cette opération est un bel exemple de l’importance acquise par les Organisations Internationales dans le domaine de la politique de l’enseignement. Tout d’abord, la communauté de ces organisations (Banque Mondiale, UNICEF, Union européenne, OCDE et plusieurs organisations membres de la famille des Nations Unies) a été en mesure d’obliger l’UNESCO à subir une opération chirurgicale dangereuse et douloureuse en se séparation de sa Direction de la statistique. Ensuite, ces mêmes organisations ont dans un certain sens dicté le programme de travail au nouveau Institut de statistique, comme le témoigne la réunion à la quelle l’exposé en annexe a été présenté, et enfin elles ont exercé et continuent à exercer d’énormes pressions sur les programmes statistiques des pays, en particulier des pays en voie de développement en leur imposant des stratégies de collecte et de traitement des informations. Ces exigences sont accompagnées par des dispositifs de contrôle et d’évaluation ainsi que par une panoplie variée de mesures de chantage financières, commerciales, politiques.

Les thèses présentées dans cet exposé proposaient une stratégie alternative d’information basée sur l’expérience accumulée lors de la réalisation du projet INES [4] de l’OCDE et de la production de l’ensemble d’indicateurs internationaux de l’enseignement des pays de l’OCDE entre 1988 et 1997.

[1] Acronyme ISU en français et UIS en anglais

[2] Pas tous, comme on le dit dans la page de présentation de l’Institut

[3] Page de présentation de la mission de l’Institut, ibid.

[4] International Indicators of Education Systems

Les documents de l'article

1999_20GrilleUNESCO.pdf
1999_unesco.jpg