En vingt ans le panorama des études comparées en Europe a changé radicalement, grâce à la mise au point par l’OCDE d’un ensemble d’indicateurs internationaux de l’enseignement. L’exposé décrit les antécédents de cette opération, le cadre dans lequel elle s’est développé ainsi que ses répercussions sur les politiques de l’enseignement et ses biais.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Regards sur l’éducation / Education at a Glance : comment on en est arrivé là ?

L’objectif de cette conférence organisée à l’occasion de la présidence française de l’Union Européenne au cours du deuxième sémestre 2008 était de mettre en évidence les forces et les faiblesses des différents systèmes éducatifs européens et internationaux, tout en mettant l’accent sur la nécesité d’une évaluation régulière et objective des réformes engagées par les Etats membres de l’Union Européenne au moyen d’indicateurs appropriés. Malgré les progrès considérables réalisés lors des deux dernières décennies dans le domaine des statistiques de l’enseignement et des stratégies d’information sur l’enseignement, l’Union Européenne n’est pas encore en mesure de produire une politique de l’enseignement et de la recherche en éducation puissante et dynamique. L’état de l’information sur la formation professionnelle et l’enseignement tertiaire en sont un exemple éloquent. La base de connaissance pour fonder sur un socle solide les décisions politiques en matière d’éducation est très fragmentée et instable. Par ailleurs aucune réflexion n’est conduite pour le moment sur le rôle à l’avenir des systèmes scolaires.

Pendant des décennies, les évaluations des systèmes d’enseignement et des écoles se sont passées des indicateurs. Par ailleurs, si on parcourt l’histoire des indicateurs de l’enseignement, qui n’a pas plus que 40 ans, on découvre que ces indicateurs n’ont pas été élaborés pour évaluer la qualité de l ’enseignement. On pourrait aussi remarquer qu’on a commencé à parler d’indicateurs bien avant que n’éclate la crise de la qualité de l’enseignement. Bref, tous les éléments dont on dispose suggèrent que les indicateurs des systèmes d’enseignement ont été conçus et produits pour d’autres buts que l’évaluation de la qualité de l’enseignement. Leur réalisation est reliée plutôt à l’exigence de fournir un outil aux décideurs pour piloter les systèmes d’enseignement et prendre des décisions en connaissances de cause ou pour évaluer la contribution de l’enseignement au bien-être et à la production des richesses d’un pays.

La production d’un ensemble international d’indicateurs de l’enseignement a été rapide, grâce à l’alliance entre plusieurs gouvernements qui ont mis un terme aux hésitations et aux soucis de la communauté scientifique, en particulier à ceux de la communauté engagée dans l’analyse des politiques sociales. La mise sur pied d’un ensemble indicateurs internationaux au sein de l’OCDE a enclenché un vaste mouvement de renouvellement des statistiques de l’enseignement d’un côté et la production de plusieurs ensembles d’indicateurs de l’enseignement au sein de différents systèmes d’enseignement de l’autre. Ce bouillonnement politique a duré quelques années et a relancé le retour sur le devant de la scène de la statistique de l’éducation. Pour finir, la réalisation par l’OCDE de l’enquête PISA a concouru à modifier le cadre théorique de l’ensemble des indicateurs de l’enseignement en attribuant une place prépondérante aux indicateurs de résultats et des acquis des élèves extrapolés des évaluations internationales sur vaste échelle sur les compétences des élèves.

Les documents de l'article

HistoireINES.ppt