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Le recrutement d’enseignants en Afrique pour relever le défi d’une éducation primaire pour tous d’ici 2020 est un cauchemare, car il n’ y a pas d’enseignants tout court. Alors on recrute en masse des contarctuels, c’est à dire du personnel pouvant faire fonction d’enseignants avec une formation basique rapide. Le Niger a été un état pilote dans la matière. Cpendant il n’y a pas de solutions miracles et les noeuds non résolus montent à la surface, comme le démontre l’article suivant de M. Bukari, publié dans le mensuel "Le Damagaram" du Niger, numéro 17, septembre 2009.

Résiliation des enseignants contractuels : radioscopie d’une injustice

L’on se souvient que depuis le 8 mars dernier des enseignants contractuels ont vu leurs contrats résiliés. C’était tellement incroyable et injuste au regard du motif ou du grief qui leur est reproché : la grève qui, du reste, est un droit constitutionnel qu’ils ont exercé pour demander des meilleures conditions de vie et de travail. Voilà leur péché originel ! Seulement, l’on peut s’interroger sur les vraies motivations d’une telle forfaiture. A première vue, les revendications des contractuels pesaient très lourd sur les épaules du gouvernement. Nonobstant le protocole d’accord signé avec la CNCE, ce dernier traîne le pas dans sa mise en application. Financièrement, les indemnités à elles seules tournaient autour de 11 milliards de FCFA. Sans compter l’intégration sans compromis à la fonction publique des contractuels ayant accompli au moins quatre ans de service. Le gouvernement voulait trouver une issue de secours. Et c’est ainsi que l’on a imaginé cette machination. Résilier les contrats de tous ceux qui ne se seraient pas présentés à l’école le mercredi 8 mars 2009 à 8 heures. Alors la machine s’était mise en branle. Certains chefs d’établissement et autres administrateurs scolaires s’en donnaient à coeur joie. Ils voulaient tellement bien accomplir la sale besogne que certains dans leur élan sadique avaient résilié jusqu’à des contrats de ceux là même qui étaient à l’école à l’heure indiquée. Au niveau des rescapés et du syndicat, personne n’a osé lever le petit doigt. Et c’est justement l’effet que recherchait le gouvernement : briser la grève. Voici la première motivation.

La deuxième motivation était tombée le vendredi 21 août dernier avec la publication des dossiers présélectionnés et rejetés pour l’intégration à la fonction publique. Systématiquement tous ceux dont le contrat a été résilié sont recalés sauf quelques uns, qui du reste, l’on s’interroge comment ils ont pu échapper. Le but de cette stigmatisation est simple. Pour la plupart des résiliés totalisant au moins dix ans d’ancienneté. Et maintenant tout ce qui leur reste (c’est à voir), c’est de signer un nouveau contrat ; perdant de facto leur ancienneté, disqualifiés des recrutements à venir car n’ayant pas quatre ans. Et quand ils les auront, ils seront atteints par la limite d’âge. Voilà comment on remercie ceux qui se sacrifient pour leur pays !

Et à l’allure où vont les choses, sauf miracle, la machine syndicale risquerait de ne pas bien marcher. Et entre temps, il faudrait se plier aux humeurs des chefs d’établissements et autres inspecteurs. Pour les contractuels, c’est tout simplement la rançon du courage et à leurs bourreaux nous disons que « quand tu ramasses une noix de coco, n’oublies pas de remercier le vent ». Et surtout se rappeler que la « roue de l’histoire tourne ».