Version imprimable de cet article Version imprimable

Information reprise du site français "L’Expresso" du 16 août 2010 :

 

La ministre de l’éducation du Québec, Michelle Courchesne, a présenté le 12 juin le nouveau bulletin scolaire. Principale modification : les compétences transversales disparaissent et ne sont plus évaluées. Les enseignants se borneront à les commenter.

 

"Avec le nouveau bulletin unique", affirme la ministre, "les évaluations des enseignants et enseignantes, qui seront axées davantage sur les connaissances, pourront encore mieux refléter les progrès des jeunes, et ce, tout au long de l’année. Ce bulletin unique permettra aussi de démontrer leur capacité de mettre en pratique ce qu’ils ont appris". L’autre raison de ce virement vers le conservatisme est à chercher chez les électeurs. "Si l’on veut que les parents fassent équipe avec l’école et le personnel enseignant, il faut qu’ils puissent comprendre les résultats indiqués dans les évaluations et qu’ils voient comment progresse leur enfant".

 

A 15 jours de la rentrée scolaire, la réforme des bulletins scolaires qui devait s’appliquer à la rentrée est mise en péril par l’opposition du Conseil supérieur de l’éducation. Cet organisme consultatif d’experts a émis le 13 août un avis très négatif au projet lancé par la précédente ministre de l’éducation, Michelle Courchesne.

 

Le nouveau bulletin, présenté le 12 juin, comportait de substantielles modifications par rapport aux pratiques instituées en 2000 lors de la grande réforme de l’éducation, entrée ne vigueur seulement en 2005 dans le secondaire. le nouveau bulletin scolaire. Les compétences transversales disparaissent et ne sont plus évaluées. Les enseignants doivent se borner à les commenter. Enfin c’est un bulletin "unique" qui serait imposé à tous les établissements. Avec ce bulletin, M Courchesne effectuait un virage vers le retour à l’évaluation des connaissances plutôt que des compétences.

 

Le CSE est d’un autre avis. Pour lui, "les changements proposés vont au-delà de l’instauration d’un bulletin unique, de l’amélioration de l’information transmise à l’élève et à ses parents…  Ces modifications auraient pour conséquence de fragiliser des éléments importants du renouveau, soit l’approche par compétences et l’organisation par cycles d’apprentissage en plus de remettre en question le choix d’une évaluation conçue pour servir les apprentissages et la réussite… Les modifications proposées ne sont donc pas en cohérence avec le Programme de formation de l’école québécoise ainsi qu’avec les autres dispositifs mis en place depuis 2000 dans le cadre du renouveau pédagogique dans le but de soutenir le rehaussement des exigences du curriculum et la réussite de tous les élèves. Par exemple, la pondération par étape, l’annualisation des résultats et la disparition du bilan des apprentissages remettent en question la logique de développement des compétences sur un cycle de deux ans et rendent caducs les outils d’évaluation standardisés qui permettent aux enseignantes et aux enseignants d’appuyer leur jugement professionnel pour situer le niveau de développement des compétences à la fin de chaque cycle".

 

Même si le CSE reconnaît "l’existence de tensions et de difficultés dans la mise en oeuvre de certains volets de l’évaluation des apprentissages", c’est-à-dire l’application de cette réforme, il estime qu’il est précipité " alors que l’implantation du Programme de formation de l’école québécoise vient tout juste d’être complétée avec son application en 5e secondaire et qu’une évaluation du Renouveau à l’école secondaire est en cours". Il demande qu’on laisse les enseignants absorber la réforme. "Le Conseil insiste sur le fait que la transformation des pratiques professionnelles nécessite du temps, de l’exercice et un rappel constant des visées du renouveau". Ce qui l’amène à rejeter le nouveau bulletin et à demander au gouvernement de "poursuivre plutôt l’examen des pratiques d’évaluation des apprentissages en collaboration étroite avec les acteurs du milieu scolaire concernés au premier chef".

 

La parole est maintenant à la nouvelle ministre, Line Beauchamp. Ce qu’on lui demande d’arbitrer en fait c’est entre l’affirmation du renouveau pédagogique de 2000 et le retour au système traditionnel.

Communiqué de presse du Ministère de l’Education du Québec.